Forum lié au jeu Fractal.
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 L 152 tardif.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: L 152 tardif.   Ven 31 Mar - 23:26

La radio de Gras-Double sonne.

Amiya sundha. Ajeya et moi on revient. Avec Isran. J'ai besoin que tu sois forte, et qu'on soit ensemble, hai.

Tout et rien n'est dit.
Elle devait s'en douter.
Mais ce n'est jamais simple.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Sam 1 Avr - 19:46

Son fils au bout d'un sein, Amiya regarde la radio avec horreur. Tout et rien n'est dit. Elle ferme les yeux et se mord la lèvre, prise de tremblements, redoutant le pire. Quelque part, elle sait. Au fond, elle se doutait qu'un jour ça arriverait et déjà, des larmes coulent sur ses joues. Forte, tu parles, elle n'a jamais été forte quand il s'agissait de ses proches. Et Isran est son élève. Leur lien, aussi transparent qu'il soit, est fort depuis le premier jour.

Il faisait sombre sous terre et seul leur camp brillait dans le noir de la terre. Elle avait vu sa silhouette, lui avait fait signe. Sans un mot, car Shankar alors guru avait interdit qu'hommes et femmes se parlent. Et il était venu. Et dès son arrivée, elle avait senti qu'il serait une part d'elle. Elle l'avait montré, au grand déplaisir de son actuel mari, par un bain de pieds qui avait déclenché bien des problèmes.

Avec cette distance que les traditions imposaient, elle avait réussi à s'en faire un allié, un ami, un partenaire. Elle savait entrer dans son esprit et lui savait la modérer. Un étrange binôme qui avait réussi à explorer les voies du vent. Lui seul s'était montré réceptif à ses enseignements, aux bases de tantrisme et de rites qu'elle voulait transmettre. Lui seul pouvait comprendre les méandres tortueux de son esprit. Lui seul savait ce qui la hantait, car même endormie, c'est lui qu'elle venait trouver quand ça n'allait pas. Kali elle-même, elle en était certaine, avait renforcé leur lien pour la sauver. Et aujourd'hui, elle le tranchait, comme elle tranche toutes les passions. Les dieux sont parfois cruels.

Amiya ne répond pas, mais elle couchera vite son fils pour aller attendre leur retour sur la berge.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Sam 1 Avr - 22:46

La pirogue s'approche, a une vitesse certainement toujours trop lente.
Shankar a l'air blafard.

Il... Il était évanouit déjà. Je croyais qu'il dormait pendant le voyage mais il était déjà...
Dents serrées.
Inconscient...
Il n'a pas eu mal. Je le sais.

Une mort pure. Il peut reprendre son chemin, bientôt...


On commence toujours par ce genre d'atténuations.

Il... A encore besoin de toi.

Il en faut au Guru pour puiser ça. Mais les circonstances sont ce qu'elles sont.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Sam 1 Avr - 23:09

Figée sur la rive, Amiya attend, les bras ballants.Elle est glacée, les minutes dans le froid ont eu raison de son simple sari. Ils s'approchent et elle ne dit rien, strictement rien, ne regarde ni Ajeya, ni son mari. Elle n'a d'yeux que pour Isran. Il est blanc. "Il est mort" lui hurle la voix qu'elle seule peut entendre, en boucle, depuis l'appel de Shankar jusqu'à ce qu'elle le voit vraiment. A force, la tête lui tourne, ses oreilles bourdonnent, elle n'entend rien.

Les pirogues accostent, elle attend que tout le monde soit descendu. Tous, sauf son élève. Enfin, elle s'anime, chancèle et passe devant les vivants, se glisse dans la pirogue inondée de sang pour venir s'agenouiller devant le corps encore tiède. Sa main vient frôler sa joue, glisse sur son cou, s'arrête sur la plaie béante de son coeur. Elle tremble. Elle ne respire presque plus, sa lèvre inférieure saigne tant sa mâchoire est crispée pour retenir ses cris.

Enfin, elle se laisse aller vers le cadavre pour le serrer contre elle, comme elle n'a jamais eu le droit de l'étreindre, avec une force désespérée. Ses yeux se ferment et elle reste ainsi, silencieuse, poisseuse de sang, aussi morte que lui pendant quelques secondes. Avant d'enfin s'en écarter et de parler à Isran, rien qu'à lui, en caressant ses cheveux noirs.


"Je vais t'accompagner, ne t'en fais pas. Tout ira bien, tu dois juste écouter ma voix...tu sais...je vais te guider...on fait comme d'habitude...ok?"

Sa voix est déjà brisée, on l'entend à peine. Mais elle s'en fiche. Elle se lève, se penche et a le réflexe malheureux de lui tendre la main droite. Évidement, celle-ci est toute rouge et lui ne la saisit pas. Alors, pour la première fois depuis des années, elle craque. Et vomit par dessus bord avant de tomber à genoux, en larme, en hurlant le nom d'un homme qui ne lui répondra plus...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Sam 1 Avr - 23:28

Le boss hésite, une seconde tout au plus. Entre aider son épouse ou démarrer au plus vite le travail funéraire, passer au deuil en vitesse :
Il commence par poser une main dans le dos d'Amiya, lui retient les cheveux de l'autre. Quand elle a finit, il enchaine sans trembler, à sortir de toutes ses forces un Isran si faible qu'il en semble translucide. L'allongeant dans le sable, il lui donne une posture un poil plus digne, et éloigne la pirogue d'un coup de pied.

Puis, il part en quête de quoi lui faire un matelas confortable, dans les environs. Feuilles mortes, larges et humides, son propre tricot récupéré, baigné de sang...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Sam 1 Avr - 23:48

Combien de temps Amiya reste-t-elle à genoux à évacuer un chagrin que son propre organisme n'est capable de retenir? ça lui semble une éternité. Mais ce n'est qu'un quart d'heure, tout au plus. Avant qu'elle ne se lève avec difficulté, cessant de hurler comme une damnée, continuant de pleurer jusqu'à ce qu'elle soit trop déshydratée. Préparer le corps.

Chacun de ses mouvements est lent, mais elle s'accroche à ce qu'elle peut, récitant parfois les mantras de Kali machinalement pour se donner la force de poursuivre. D'abord, sortir un drap blanc et l'étendre au sol. Retourner vers Isran, lui retirer son manteau, ses couches de vêtements, jusqu'à ce qu'il ne lui reste qu'un tee-shirt et son pantalon. Aller chercher de l'eau, la verser sur le corps, faire une vingtaine d'aller-retour pour réussir à retirer tout le sang.

Puis aller chercher une lame pour lui raser le crane, en gardant une mèche de côté. Le tirer péniblement jusqu'au drap pour l'enrouler dans son linceul, en ne laissant dépasser que son visage. Le tirer encore pour placer sa tête à l'est. Aller chercher des cendres pour son front, du basilic pour sa bouche, encore un peu d'eau pour le purifier.

Et aller dans sa tente, s'effondrer encore devant ses affaires, sans savoir quoi choisir. Ni quelle était sa divinité préférée. Ni quel message elle devra réciter pour apaiser son âme. Alors elle se roule en boule sur son lit et attend qu'on vienne la chercher, lui donner la force. Ce qu'Isran aurait su faire s'il était en vie, puisqu'elle venait souvent ici, à son chevet, lui parler de ses angoisses.

Mais il ne sera plus là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Dim 2 Avr - 0:10

Préparant le lieu de la cérémonie, le Guru cherche désespérément à se remémorer ce fichu poème. Un court lai sur le vent. Un truc qui lui irait bien. Un truc pour qu'il puisse sortir de son être apaisé.
C'est important, surtout quand on meurt une épée dans le buffet.

Sans autre compagnon que moi,
Contre le vent, comme il se doit,
Je marche, et dans ma solitude,
M'incline au vent...


Le drame. Un trou. Improbable trou. Il va falloir que ça revienne, et vite. L'heure approche.

Rejoignant son épouse étendue dans la tente :

Soni, tu as trouvé...
Un bon objet ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Dim 2 Avr - 11:49

Sans se dérouler, elle murmure à peine un "oui" entre deux sanglots.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Dim 2 Avr - 21:04

Il se range à ses côtés.

Viens. Il t'attend.

"Faisons cela tant qu'il est présentable."
Il lui tend la main, la prend si il le faut, la pousse à se relever. Quand il parvient à la hisser debout, il la prend dans ses bras à son tour, et l'emporte avec force et chaleur vers la plage.

Je pensais à Hanuman, pour honorer sa fidélité et sa présence, toujours avec nous. Mais je crois qu'un poème, un poème pour lui serait plus approprié. Un joli poème qui m'est revenu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Dim 2 Avr - 21:18

"Attends..."

Elle attrape un petit objet au passage, puis se laisse entrainer.

"Hanuman...oui...je pensais à Kayama aussi...il n'a jamais aimé les dieux, ils n'aimait que le vent...tu..."


"Normalement, c'est l'homme de la famille qui prononce le discours. Je peux t'aider à le préparer mais je me sens pas...j'y arriverais pas cette fois. Pas lui. Je peux pas..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Lun 3 Avr - 22:40

Il la laisse à quelques mètres, et entame les finitions.

D'abord, repasser la barbe. C'est bizarre de raser quelqu'un d'autre. Tout aussi viril qu'il soit, Shankar ne semble pas habitué. Mais quand il lui rase à lui en couper parfois le relief des joues, rien n'en coule. Tant mieux.
Puis le crâne, en révélant d'avantage la blancheur exsangue.
La mèche survit, sur l'occiput.


Dernière édition par Shankar le Mar 4 Avr - 23:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kristal

avatar

Messages : 399
Date d'inscription : 27/12/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Mar 4 Avr - 0:31

Kristal n'a pas tout de suite remarqué ce qui se trame au niveau des pirogues revenues sur la plage, occupée derrière sa tente par des exercices de corde à sauter généralement accomplis jusqu'à épuisement. Drôle d'auto-médication. Ce n'est qu'au cri effroyable d'Amiya qu'elle manque de se casser la gueule. Le nom prononcé et l'intonation ne trompe pas. Un poing serré sur son cordage, elle le traine au sol comme une laisse sans chien, pour passer à peine la tête au coin de la toile. Et observe les vas-et-viens, désemparée.



N'osant sans doute pas interférer dans le rituel, elle reste d'abord là, statique et spectatrice, complètement en retrait. Un petit coulis humide au bord des yeux écarquillés, moins provoqué par la mort de l'être que par compassion pour la peine qu'elle provoque chez ses semblables, une douleur visiblement plus vive et marquée dans la maison d'Amiya... Amiya qu'elle aurait désiré serrer contre elle, mais désir qu'elle étouffe au fond de son coeur par voie de prudente pudeur... Sa main finit par lâcher l'objet qu'elle tenait jusqu'à s'en faire mal aux articulations. La jeune s'agenouille alors pour joindre cette main à l'autre, fermer les yeux et se mettre à bouger presque imperceptiblement les lèvres. Pas de signe de croix en vue, c'est pas le genre.


Sa prière n'est pas adressée en direction de Dieu pour le défunt et son sort, de toute façon déjà scellé, mais pour les vivants de la tribu, leurs forces vives et leur futur chemin. Elle n'a définitivement pas jeté sa foi aux oubliettes, la petite bipolaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Mar 4 Avr - 9:06

Il ne sait pas vraiment faire, le Shankar.
Isran est embaumé à la mode post-apo. Est-ce grave ?

Pour certains oui. Il y avait bien ce type à l'école védique qui lui avait fait réciter ce mantra jusqu'à ce qu'il en ait la prononciation précise. Il ne lui disait même pas ou son mantra pêchait, au OM probablement, mais non il lui faisait recommencer tout le mantra. Lorsque le soleil s'est couché, il lui a dit qu'aucun n'était bon et qu'ils recommenceraient demain. Évidemment, avec une capacité de concentration et de patience à la Shankar Singh à neuf ans, il ne fallait pas attendre un miracle.
Il avait profité de la nuit pour s'enfuir. Son père avait ajouté un zéro au chèque de frais d'inscriptions, et l'incident était clos.
Aujourd'hui encore, il dit ses mantras n'importe comment le Guru. Mais avec sans doute plus de cœur et d'authentique qu'un brahmane à tête d’œuf qui pense sincèrement qu'un mantra mal prononcé ne peut qu'avoir des effets négatifs.

Alors qu'importe si Isran n'est pas joliment embaumé aujourd'hui. Il l'est d'avantage que cinq sixièmes des morts de ce pays de merde.
Qu'importe même si aucun dieu n'est nommé aujourd'hui. C'est la cérémonie d'Isran, et pas d'on ne sait quel cosmique élément perturbateur. Isran avait trouvé sa voie, faite de foi certes, sans idoles ni nom. Il était peut être même celui qui avait le mieux compris les enseignements du Guru Shankar Singh quand il poussait chacun à se tourner vers sa voix intérieure. Lui s'était carrément plongé dedans.

Sur le corps, il pose un carré de tissus sur lequel il a écrit quelque chose.



Puis, il asperge le corps d'un litre généreux d'huile, d'essence et de diesel. Il n'y a plus qu'à y poser le feu miniature, sauf si quelqu'un se manifeste avant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Mer 5 Avr - 21:20

Tremblante, pâle, décomposée, elle cherche l'aide de Kristal d'un regard perdu, tente un pas en avant, tangue un peu. Se tourne vers Shankar et lui dit d'une voix rauque:

"Tu brûles...les étapes...il faut une représentation de sa divinité...et je dois lui donner..."

Elle lève sa main libre dans laquelle elle tient quelque chose à s'en blanchir les doigts. Une lanière de cuir dépasse et on devine une bourse. Au bruit, elle doit contenir des grelots, de ceux qu'Isran avait fabriqué pour le mariage. Lorsqu'il vivait encore. Lorsque tout le monde était encore en vie. Un morceau de bon souvenir dans un écrin de cuir fait main.

Elle lève des yeux brumeux vers l'ado, l'implorant en silence de l'accompagner jusqu'au corps. Peut-être même de l'aider à marcher, tant ses convulsions perturbent son équilibre.


Dernière édition par Amiya Amilhthini le Jeu 6 Avr - 21:05, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Mer 5 Avr - 21:34

Surpris.

Ce n'était pas un oubli de ma part. Je me suis dit que...
Enfin, Isran n'était pas très impliqué.
Mais...


Il hésite. ça lui coute. Mais sans Isran, ça ne resservira plus trop. Déjà que ça ne servait plus depuis un bail...

Il pose l'un des dholak. Pas le plus gros, ni le plus petit. L'orchestre sera désormais plus contrasté.

C'est un attribut important pour Shivatom. C'est lui qui l'a fait. Lui qui avait fait tous les instruments.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Kristal

avatar

Messages : 399
Date d'inscription : 27/12/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Jeu 6 Avr - 1:11

???

La main de la rousse fantôme...





Sa prière dure bien des minutes. Le temps de la mise en forme du défunt, voire un peu plus longtemps. Lorsqu'elle se lève sur ses deux jambes, elle avance vers eux, lui et le mort huilé, à présent. Mais accompagné d'Amiya, qu'elle a soutenu par le bras au passage, vers son élève qui n'apprendra plus. Elle ne dit rien, ses bras sont ballants quand ils ne soutiennent plus la mère. Elle regarde maintenant tour à tour Shankar et Amiya discrètement, puis regarde le mort avec une étrange sérénité, et un sourire de bienveillance.

Puis elle regarde mélancoliquement vers le milieu aquatique, le désigne à Shankar ou à Dieu cinq secondes, et, tout en abaissant le bras, et plutôt que d'écouter le reste, elle reste à contempler la mer d'un visage serein, les mèches qui dépassent aux vents. Et elle n'a jamais été aussi belle qu'aujourd'hui, de profil, selon les acteurs.



Un sourire qu'on a jamais vu chez elle, tellement il est beau.




Elle se tient simplement là, sans parler, et de son regard bleu devenu gris regarde le timide tumulte de la grande rivière. Plus aucune humidité ne luit dans ses yeux. Elle sait encore ce que c'est, que de perdre les siens, et c'est sans doute la raison de sa maladie.

Elle en a perdu des dizaines.
Et en a tué un.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Shankar

avatar

Messages : 1417
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Jeu 6 Avr - 9:47

Les mains bandées de chutes de coton, Shankar dépose le plat de métal qui crisse sous la chaleur de son feu aux pieds du mort.
Tandis que le feu le gagne :

Le parfum change les ténèbres en fleurs,
Les couleurs donnent forme au parfum,
Les saisons donnent l'éclat aux couleurs,
La terre donne son sein aux saisons,
Les nuages donnent l'accomplissement à la terre,
La brise donne le ciel aux nuages...
  Viens, prends tout cela à la fois,
  Et cherche le long chemin.


Sa voix tient bien l'émotion.
Mais il a récité ça un peu d'une traite. En se donnant l'air sur et serein. Tellement vite que le feu n'est qu'à la moitié du corps, la faute sans doute au rationnement du combustible.

C'est avec naturel qu'il reprend un classique. Peut être plus destiné aux siens, ou à lui même qu'au mort. A moins que ça ne soit tout simplement dédié au lien qui les unissaient et qu'il faut désormais rompre aussi :

Même si tu y trouves des arbres
Ombrageux et larges,
L'ombre d'une simple feuille
Jamais ne réclame, ne réclame, ne réclame,
Sur la voie du feu, la voie du feu, la voie du feu...

Tu ne feras d'arrêts,
Tu ne feras de halte,
Tu ne feras demi-tour,
Jure-le, jure-le, jure-le,
Sur la voie du feu, la voie du feu, la voie du feu...

C'est un superbe tableau
Que l'homme marchant seul,
Dans ses propres larmes, sa sueur et son sang
Qui s'y noie, s'y noie, s'y noie,
Sur la voie du feu, la voie du feu, la voie du feu.



Au dernier mot, les flammes ont gagné leur conquête. Il se pose derrière Kristal et Amiya et enserre leurs épaules dans ses bras.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Amiya Amilhthini

avatar

Messages : 1989
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Jeu 6 Avr - 21:17

Shankar fait bien de la serrer. Car les yeux perdus dans les flammes, brouillés par un rideau de larmes qui ne s'atténue pas, elle a un brusque mouvement en avant, comme si elle voulait s'immoler avec son élève. Mais le bras chaud de son mari la retient et elle ne va pas au bout de son geste.

L'odeur de chair brûlée. Le froid. Le chagrin. Et soudainement ces idées qui lui reviennent en tête, ces images, ces souvenirs.


"Carry?"


Elle secoue la tête. Et ne bougera plus d'un centimètre tant que le feu ne sera pas éteint.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Ajeya

avatar

Messages : 491
Date d'inscription : 27/01/2016

MessageSujet: Re: L 152 tardif.   Ven 14 Avr - 18:28

Ajeya assiste à toute la scène absente. Le regard vieux de milliers d'années, deux billes noires et presque troubles enfoncées dans deux orbites tout aussi sombres.

Debout, les pieds maculés du sang qui commence à cailler. Elle est ailleurs, à des milliers de lieux et d'époques d'ici bas.

Les dieux seuls savent quelle incarnation l'habite en ce moment si particulier. Donner la mort est une chose devenu simple ici mais tuer l'un des siens est une autre sorte d'épreuve.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: L 152 tardif.   

Revenir en haut Aller en bas
 
L 152 tardif.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Il y a huit ans, Priscilla Tardif participait au premier gala de SA
» Couturier, Emma Tardif 103 ans
» 39 / 45 - TARDIF
» DME, et allaitement tardif: "une secte" !
» Décès du Commandant Philippe TARDIF d’HAMONVILLE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
om shanti om :: Partie RP :: RP entre nous.-
Sauter vers: